À propos de l’estime de soi
- 29 avr.
- 2 min de lecture
L’estime de soi…
« Nous nous ressentons à travers ce que nous pensons de nous-mêmes. »
Certaines personnes paraissent sûres d’elles, mais si l’on regarde un peu plus profondément, on découvre en elles une sensation discrète : « je ne suis pas comme il faudrait ».
Cela peut prendre différentes formes :
« Je ne mérite pas d’être aimé(e) »,« Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi »,« Je n’en fais jamais assez ».
C’est quelque chose que je rencontre presque à chaque séance.
Et le plus souvent, il ne s’agit pas tant de confiance en soi que de la capacité à s’autoriser à être soi-même.
Déjà, David Hume écrivait que l’être humain est un flux de sensations, de pensées, de souvenirs. Il n’existe pas de « moi » fixe. En réalité, nous nous ressentons à travers ce que nous pensons de nous-mêmes.
Et si ces pensées ont été imprégnées de critique, de honte ou de culpabilité, l’estime de soi devient inévitablement fragile.
Carl Rogers disait que ce qui nous façonne, ce n’est pas seulement ce qui nous arrive, mais la manière dont nous sommes accueillis.
Si, dans l’enfance, l’amour était conditionnel — pour de bonnes notes, pour l’obéissance, pour être « facile » — un juge intérieur se construit.
« Je n’ai de valeur que si l’on me félicite »,« Je n’ai pas le droit de me tromper »,« Si je ne suis pas approuvé(e), c’est que je suis mauvais(e) »…
C’est ainsi qu’apparaissent les signes familiers d’une faible estime de soi :
— le sentiment d’être inférieur aux autres ;
— la honte d’exister ;
— l’incapacité à accepter un compliment ;
— vivre pour les autres, parce que « sans eux, je ne suis rien ».
William James a proposé une formule simple et brillante :
Estime de soi = Succès / Aspirations
Autrement dit, plus nos exigences envers nous-mêmes sont élevées, plus il devient difficile de se sentir « suffisant(e) ».
Le paradoxe, c’est que l’estime de soi ne se renforce pas seulement à travers les réussites,mais aussi à travers l’autorisation d’être un être humain vivant, et non un projet permanent d’amélioration.
Dans mon travail, je ne cherche pas à « augmenter la confiance ».J’aide à retrouver le sentiment d’avoir le droit d’être.
Simplement être : avec ses erreurs, ses peurs, ses imperfections.
Et à un moment donné, la personne dit : « Je peux être moi-même — et c’est suffisant. »
C’est à partir de là que commence une véritable estime de soi, adulte.Silencieuse, intérieure.
Pas dépendante des likes. Ni des jugements.
Mais ancrée dans le contact avec soi-même.
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